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« Le bois c’est cher, ça brûle et ça demande trop d’entretien ! ». Combien êtes-vous à penser ainsi ? Si le bois connaît depuis quelques années un grand succès en matière de construction, les préjugés restent tenaces à son égard. Pourtant ces inquiétudes sont souvent infondées, en voici un rapide panorama, assorti de quelques explications. Vous risquez d’être agréablement surpris …

"COUPER DU BOIS C'EST PARTICIPER A LA DEFORESTATION"


FAUX ! Et non, couper du bois ce n’est pas faire mal à nos forêts ! Bien au contraire, c’est leur faire un très grand bien.


Le forestier est un amoureux de la forêt, dont il prend soin au quotidien. Il prélève les arbres à maturité et favorise ainsi le renouvellement de la forêt.
Il est un adepte de la sylviculture : c’est l’art de cultiver les forêts. La sylviculture a pour rôle de faire évoluer les forêts afin d’optimiser durablement les produits et services que l’homme peut en attendre. Cette discipline veille principalement à la régénération des forêts. Pour ce faire, dès qu’un arbre à maturité est coupé, un autre est replanté. Et lorsque le forestier fait des coupes parmi les plus jeunes, c’est pour mieux encourager les plus beaux à se développer.

 

Le bois : un vecteur de lutte contre les émissions de CO2


Couper pour replanter des jeunes pousses ça a aussi du bon pour l’environnement. En effet, le principal atout du bois est la capture et l’emprisonnement du CO2. 1m3 de bois équivaut à une tonne de CO2 stocké, donc non émise dans l’atmosphère.
Comme les nouveaux-nés, les jeunes arbres n’ont qu’une ambition : grandir ! Et pour ce faire, ils ont besoin d’absorber beaucoup de gaz carbonique. Dans la pratique, ils sont plutôt bons élèves car beaucoup plus gourmands en CO2 que leurs aînés. Conclusion : plus on aura de jeunes pousses, moins on aura de CO2 dans l’atmosphère.


« Et la déforestation ? » : fiez-vous aux certifications FSC et PEFC


L’utilisation de bois tropicaux soulève un certain nombre de questions quant à leur valeur écologique (surexploitation des forêts, déforestation). Les certifications FSC et PEFC ont été créés pour attester de la gestion durable des forêts. Pour vous assurez que le bois que vous achetez n’est pas issu de la déforestation sauvage, vous devez demander une attestation de traçabilité à votre vendeur ou la preuve qu’il soit bien certifié par un de ces deux labels.
 

"LE BOIS C'EST FRAGILE"


FAUX ! Ponts, marinas, pilotis, petits canots de pêcheurs… sont autant d’exemples qui démontrent la résistance du bois dans des environnements « hostiles ».


Et que dire de nos cases traditionnelles belles et bien sur pieds plus de 100 ans après! Ne sont-ce pas là les preuves même de la résistance du bois ? À la Réunion, le bois a toujours été utilisé dans la construction.


Si le style et l’architecture ont évolué jusqu’au début du 20ème siècle, la technique est restée à peu près la même : colombages et toitures pentues à croupes, revêtement en clins et bardeaux.
Parmi la multitude de bâtiments en bois, aujourd’hui un grand nombre est en mauvais état pour deux raisons majeures :

  • Mauvais entretien des bâtiments et notamment des éléments qui assuraient la mise hors d’eau de leurs toitures,
  • Introduction très mal maîtrisée de nouveaux matériaux incompatibles avec le bois comme le béton.

En fait, pour éviter tout problème, il faut respecter une règle simple : choisir le bois en fonction de son usage.
Pour orienter son choix, il convient de s’arrêter un temps sur la conception de l’ouvrage, son implantation, son exposition aux aléas climatiques, et de déterminer la classe de traitement à laquelle il appartient.

Cinq classes permettent d’effectuer un choix en fonction des caractéristiques du projet :
 

Classe 1 : en intérieur
Classe 2 : en intérieur ou en extérieur sous abri
Classe 3 : en extérieur sans contact avec le sol (humidification fréquente)
Classe 4 : en extérieur en contact avec le sol (humidification permanente)
Classe 5 : en contact avec l’eau de mer


A la Réunion, les bois devront être systématiquement traités une classe au-dessus de ce qui est réglementairement préconisé pour la métropole.


Le label CTB-bois + a été créé pour assurer au consommateur que les performances du bois le rendent apte à l’usage pour la ou les classes d’emploi mentionnées.


Des bois traités contre les termites


Si certains bois sont naturellement résistants, d’autres doivent, pour renforcer leur durabilité, recevoir un traitement de préservation. Il aura pour rôle de le protéger des attaques biologiques et d’allonger considérablement sa durée de vie.


A la Réunion, la majorité des bois (pin sylvestre, sapin, épicéa… ) importés ou transformés localement est traitée par autoclave. Ce système est destiné à faire pénétrer les produits de traitement dans les canaux et cellules du bois. Il ne modifie pas les caractéristiques mécaniques du matériau et offre une résistance aux insectes xylophages (termites compris) et aux champignons lignivores.
La plupart des produits de traitement conféré par autoclave sont à base de cuivre. Le label CTB-produit + a été créé pour attester de leur « acceptabilité » en matière de santé humaine et d’environnement.


Respectez les règles de conception !


Choisir un bois traité en fonction des caractéristiques du projet ne constitue pas une fin en soi. Ainsi, si un bois traité est mal mis en œuvre, des problèmes peuvent quand même survenir (termites et champignons). Ne vous improvisez pas bricoleur. Faites appel aux professionnels.
 

"LE BOIS CA BRULE VITE"


FAUX ! Aussi surprenant que cela puisse paraître, le bois offre une excellente tenue au feu. Mais vous êtes nombreux à penser qu’en cas d’incendie, la maison en bois va s’effondrer plus vite que la maison en béton. Pourtant, plusieurs éléments prouvent le contraire.


Un matériau en règle avec les normes


D’abord, en matière de sécurité incendie, la réglementation française est la même pour toutes les constructions.
La loi impose en outre une tenue au feu de 15 minutes minimales avant effondrement des habitations individuelles, quel que soit leur principe constructif.
Rappelons également que d’ici cinq ans (2015), chaque occupant, locataire ou propriétaire va devoir équiper son logement d’un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF). La pose d'un détecteur de fumée par niveau d'habitation permettra de donner l’alerte plus tôt.


Une très bonne résistance au feu


Comparé aux autres matériaux, le bois résiste particulièrement bien au feu. En effet, quand le bois brûle, il se consume lentement tout en gardant ses qualités mécaniques pendant ce temps (1,5mm/min).
Résultat, en cas d’incendie, ce matériau se révèle même plus sûr que d’autres. En effet, une structure en bois conserve sa capacité de portance plus longtemps que son équivalent en acier ou en béton.


L’avis des pompiers


Selon le lieutenant-colonel Paul Boucheron, chef de la gestion du groupement des risques, « il n’y a pas plus de risques d’effondrement dans une maison en bois que dans une maison en béton ».
Quel que soit le matériau avec lequel est construit la maison, le délai moyen d’intervention des pompiers est de 20 minutes. L’avantage de l’ossature bois, c’est qu’elle présente une forte résistance au feu. Dans ce délai, les pompiers peuvent donc intervenir « tranquillement », sans risquer l’effondrement. Contrairement aux structures métalliques qui elles peuvent s’effondrer brutalement au bout de quelques minutes et sans signes précurseurs.


Précisons que dans la majorité des cas, ce ne sont pas les structures en bois qui servent de combustibles à la maison mais le mobilier, le textile… Aussi, que ce soit dans une maison en bois ou en béton, « les victimes meurent le plus souvent par asphyxie et non suite à l’effondrement de la maison ».
 

"LE BOIS C'EST PLUS CHER QUE LE BETON"


FAUX ! Sortez-vous de la tête que le bois est un matériau cher ! Si la construction d’une maison bois a autrefois été plus chère qu’une maison en béton (surcoût de 10 à 15%), ce n’est plus le cas aujourd’hui. A respect équivalent de toutes les réglementations, le bois n'est pas plus cher que le parpaing. Au contraire, il devient de plus en plus compétitif.


De nombreux avantages permettent de réaliser des économies sur le court terme et sur le long terme.


Préfabrication en atelier = diminution des frais financiers


Le chantier d’une construction en bois est beaucoup plus léger que celui d’une maison maçonnée : les éléments (panneaux de murs entiers ou partiels, pièces de charpente…) sont préfabriqués en atelier et montés sur place très rapidement.
Une maison bois peut être livrée en 4 à 5 mois, à comparer aux 10 mois que nécessite, en moyenne, une construction en béton. La rapidité de chantier permet de diminuer les frais liés à la main d'œuvre, à la production, à l’encadrement etc. Cet avantage permet également de réaliser des économies sur les intérêts du crédit de construction.
On peut aussi citer, sur le chantier même, moins de transports et l'utilisation limitée d'engins lourds, coûteux pour le budget... et pour l'environnement.
De plus, si vous êtes locataire, plus le chantier sera court plus vous économiserez de loyers. A l’inverse, si vous envisagez de louer, plus la maison sera louable rapidement, plus vite vous encaisserez vos premiers loyers.


Faible conductivité thermique = économies sur la facture d’électricité


Le bois permet en effet d’économiser l’énergie. C’est un matériau à « faible inertie ». Contrairement au béton, le bois n’emmagasine pas la chaleur le jour pour la restituer la nuit. Chose qui permet de conserver une température agréable au sein de la maison. C’est ce qu’on appelle : le confort thermique naturel. Avec le bois, l’usage du climatiseur se voit considérablement réduit. La maison bois est donc plus économique sur le long terme.


Le bois = un matériau d’avenir


Grâce à ces avantages, on peut imaginer que le marché de la maison bois connaîtra une progression d’ici quelques années sur l’île. Et les futures réglementations y seront sans doute pour beaucoup.

D’ailleurs, le 1er décembre 2010, la quantité de bois imposée dans les nouveaux logements a été multipliée par 10 ! Ainsi, pour les constructions dont le permis de construire interviendra après cette date, il faudra au minimum 20dm3/m2 de surface hors œuvre (actuellement 2dm3/m2) en bois. Depuis le 1er décembre 2011, l’obligation a été portée à 35dm3/m2. (Décret n°2010-273 du 15 mars 2010).


En avril 2015, le décret et l'arrêté portant sur l'obligation d'incorporation de bois dans certaines constructions ont été abrogés. Depuis la fin de 2011, ils fixaient des objectifs et des méthodes de calcul pour intégrer ce matériau aux bâtiments. Mais une décision du Conseil d'Etat, datant de mai 2013, qui statuait en faveur de l'industrie cimentière et du béton, a motivé ce retrait. Précisions : http://www.batiactu.com/edito/l-obligation-d-incorporer-du-bois-dans-la-construc-41034.php?utm_source=news_actu&utm_medium=edito
 

"LE BOIS CA DEMANDE TROP D'ENTRETIEN"


FAUX ! Quel que soit le matériau employé, toute construction requiert un minimum d’entretien. Et une construction bois, lorsqu’elle est conçue dans les règles et par des professionnels qualifiés, ne requiert pas un entretien plus fréquent.


Bois naturellement durable ou protégé en profondeur = pas d’entretien


Certaines essences comme l’acacia, le chêne, le châtaigner sont naturellement durables, il n’est donc pas nécessaire de leur appliquer un traitement particulier. Sans entretien, avec le temps et sous l'effet des ultraviolets du soleil, le bois se couvre d'une mince couche de patine qui le protège durablement. On dit que le bois "grisaille".


D’autres comme le pin ou l’épicéa ont subi un traitement par autoclave qui les rend imputrescibles ; ils prendront eux aussi une jolie teinte grisée avec le temps.


Durablement protégée au moment de la construction, la structure porteuse d'une maison ne demande aucun entretien. Tous les revêtements de façade des maisons à ossature bois étant posés comme une "double peau", leur dégradation éventuelle (si l'entretien est vraiment trop tardif) n'atteint pas la structure porteuse dont ils sont séparés par une couche d'air et un pare-pluie.


Protection en surface = efficacité pendant 10 ans


Une façade en bois brut ne demande aucun entretien. Mais on peut aussi décider d’appliquer une peinture (uniquement microporeuse) ou une lasure, qui peuvent tenir dix ans si elles sont de bonne qualité.
La finition apporte décor et protection de la couche superficielle du bois. Elle vise à réduire les effets hygroscopiques, responsables des fentes et déformations du bois. Outre la stabilité dimensionnelle, elle assure une barrière efficace contre les attaques biologiques (champignons et insectes xylophages) et les rayons UV.


L'entretien d'un bardage lasuré ne prend environ que deux jours tous les... 5 à 7 ans ! Nettement moins qu'un ravalement d'enduit sur maçonnerie.


En intérieur, le bois brille par sa simplicité d'entretien : cires de longue durée, vitrification… Les produits naturels et les techniques simplifiant l'entretien sont de plus en plus performants. Cela facilite la vie aussi !